Centre de Recherche en Poétique, Histoire Littéraire et Linguistique (CRPHLL)


Evolutions formelles et transferts esthétiques

 

Responsables : Caroline Fischer et Hélène Laplace-Claverie

 

1. FORMES ET GENRES DES MODERNITES EUROPEENNES

Equipe : Michel BRAUD, Julie GALLEGO, Hans HARTJE, Hélène LAPLACE-CLAVERIE, Nadine LAPORTE, Pierre VILAR.

Selon une perspective diachronique, les membres de ce groupe de travail s’intéressent à l’évolution des genres littéraires, et plus globalement des formes esthétiques, dans l’espace européen. Si les recherches ici réunies concernent pour l’essentiel les XIXe et XXe siècles, l’un de leurs enjeux est de problématiser la notion même de « modernité », et donc d’interroger les frontières chronologiques traditionnellement associées à cette notion.

Groupe Europe (Nadine Laporte)

En partenariat avec l’Université de Nottingham et avec la Fédération de Recherche « Espaces-frontières-métissages » de l’UPPA, le groupe Europe entend poursuivre le travail entrepris depuis plusieurs années en explorant la notion de marginalité dans le domaine esthétique, et plus particulièrement en relation avec un corpus contemporain. Un premier séminaire, en priorité réservé aux doctorants de l’UPPA et de l’Université de Nottingham, a été organisé en avril 2014 pour poser les jalons de la réflexion.

Mutations du récit moderne (Michel Braud, Hans Hartje)

Profitant de la dynamique suscitée par les recherches menées au cours du précédent quinquennal, en partenariat avec l’équipe « Modernités » de l’Université Bordeaux III, il s’agit d’approfondir l’étude des formes narratives situées en marge du roman, et de s’interroger sur leurs interactions avec les écritures de l’intime.

Poétique comparée de la bande dessinée et de la série télévisée (Julie Gallego et Pierre Vilar)

Le projet est de mettre en évidence des schèmes communs entre deux formes prisées par l’époque contemporaine, formes considérées comme non littéraires ou paralittéraires, mais dont les caractéristiques d’un point de vue structurel et narratologique ne sont pas sans rappeler des genres plus traditionnels comme le feuilleton (dans l’acception romantique du terme).

Formes hybrides, genres impurs ? (Hélène Laplace-Claverie)

Suite à différents travaux sur la caducité des genres dramatiques et leur reconfiguration au tournant des XIXe et XXe siècles, il s’agit de réfléchir aux enjeux formels des procédés d’hybridation à l’œuvre dans le domaine du théâtre, en particulier quand cette hybridation met en jeu des éléments musicaux (vaudeville, opéra-comique) et/ou chorégraphiques (ballet).

A cela s’ajoutent plusieurs projets (en cours de réalisation) d’éditions critiques de textes théâtraux (Giraudoux, Intermezzo / Ondine, à paraître chez GF en 2015 ; le Théâtre de Gérard de Nerval, édité en collaboration avec Sylvain Ledda, à paraître chez Garnier à partir de 2015 dans le cadre des Œuvres complètes dirigées par Jean-Nicolas Illouz). Ces publications sont l’occasion de réfléchir aux problèmes éditoriaux spécifiques posés par les textes de théâtre. Un séminaire est envisagé sur cette question.


2. POESIE CONTEMPORAINE

Equipe : Sandrine BEDOURET, Marie-Antoinette BISSAY, Jean-Yves CASANOVA, Isabelle CHOL, Pierre VILAR.

Ce qui relève d’une tradition scientifique du laboratoire, anciennement nommé « Centre de Recherche sur la Poésie Contemporaine » (CRPC), a su rester dynamique, et le rayonnement national et international des travaux est notamment dû au fait qu’ils portent sur des poètes connus et reconnus par les institutions, mais aussi sur des auteurs à découvrir. Le CRPHLL se veut ainsi un observatoire de la création poétique, dans ses spécificités ou ses convergences avec d’autres modes de création, dans ses variations formelles et ses modes de diffusion. Il est aussi un lieu de rencontre avec les poètes contemporains.

Les projets portant sur un auteur restent un aspect important de nos recherches. Ils permettront de prolonger les travaux déjà effectués sur Lorand Gaspar. Une journée d’études « Lorand Gaspar. Poétique de la traduction », organisée par Marie-Antoinette Bissay, est prévue en 2016.

Les précédents colloques ont eu notamment pour point commun d’accorder une part non négligeable à la question de la relation entre poésie et art, que les poètes soient eux-mêmes artistes, qu’ils aient écrit sur les artistes, et/ou qu’ils aient produit une œuvre à plusieurs mains. C’est aussi une des problématiques centrales du programme ANR LEC. Dans ce contexte est notamment envisagé un programme concernant la poésie de Gérard Titus-Carmel. Le colloque qui lui sera consacré permettra de prendre la mesure de son œuvre poétique, en relation avec ses autres productions écrites et artistiques.

La relation entre poésie et art pourra être plus largement l’objet de manifestations (conférences/expositions) organisées sur le thème « L’espace d’une rencontre : poètes, artistes, éditeurs », en lien avec les fonds patrimoniaux (réseau des médiathèques de Pau : fonds de l’Usine de Tramway / FRAC Aquitaine). Elles permettront de maintenir le lien avec les artistes régionaux, et d’inviter de jeunes poètes contemporains.

Les travaux du séminaire de Poésie Contemporaine s’orienteront de même vers la prise en compte des projets éditoriaux. Il permettra de travailler en partenariat avec des éditeurs. Le premier volet concernera les éditions Unes. Un colloque est prévu sur l’œuvre de Jean-Louis Giovannoni.

C’est donc plus largement la question de l’espace, ou des espaces, de la poésie dans la création contemporaine qui sera abordée. De fait, ses recherches s’articulent avec celles de la Fédération de recherche « Espaces, frontières, métissages ». Si la poésie française reste une priorité, nos recherches concerneront d’autres productions poétiques. Le séminaire 2014-2015 s’ouvrira par une rencontre avec Cole Swensen et Armelle Leclercq organisée en partenariat avec le festival « Poésie dans les chais » (Didier Bourda). Cette première collaboration devrait se poursuivre, notamment par la participation au projet 2015 de ce festival, « Parlers et Territoires » (Pau/Québec).


3. INTERMEDIALITE ET RECEPTION

Equipe : Sylvain DREYER, Caroline FISCHER, Fabienne GASPARI, Yves LANDEROUIN, Hélène LAPLACE-CLAVERIE, Vanessa LOUBET-POETTE, Dominique VAUGEOIS, Pierre VILAR

Tout comme l’intertextualité, née avec la littérature mais développée en tant que concept dans la deuxième moitié du XXe siècle, l’intermédialité a commencé en même temps que la création artistique mais n’a été que tardivement désignée sous ce vocable. Le rapprochement entre différentes formes d’art - tel le fameux ut pictura poiesis horatien -, la querelle du paragone ou encore les Interart Studies rendent compte de la permanence du phénomène. La révolution médiatique du XXe siècle a accéléré et renforcé ces tendances, les arts plastiques s’appropriant les nou¬veaux médias. Et ce n’est certainement pas un hasard si le terme « Intermedia » a été mis en circulation par Dick Higgins, pour donner une base théorique à l’utilisation de nouveaux supports média¬tiques par les artistes, notamment du groupe Fluxus.

On trouve de nombreuses définitions pour cerner la notion d’intermédialité, parmi lesquelles « la coprésence de plusieurs médias dans une œuvre d’art ». Mais l’on peut distinguer différentes modalités de cette coprésence : la fusion de plusieurs médias, le transfert médiatique, la présence ponctuelle d’un autre média ou l’emprunt méthodique de structures d’un autre système sémiotique – pour n’esquisser qu’une possibilité de classification.

Même si les recherches sur l’intertextualité sont désormais bien représentées en France, la dimension théorique du phénomène n’a pas encore été systématiquement explorée. Suite à une première journée d’étude (février 2013) et à l’organisation d’un séminaire mensuel depuis le début de l’année universitaire 2013-2014, un colloque international intitulé Intermédialité et réception. Des frontières médiatiques aux espaces sémantiques, aura lieu du 6 au 8 octobre 2014 à l’UPPA, sous la responsabilité de Caroline Fischer, et en partenariat avec la Fédération de Recherche « Espaces-frontières-métissages ».

Il s’agira d’analyser, dans une perspective internationale, l’impact que les différents procédés et manifestations intermédiatiques peuvent avoir sur la réception : comment ils représentent eux-mêmes une forme de réception productive et comment les formes d’expression créées par des processus intermédiatiques interfèrent de manière particulière avec la réception esthétique de la part du public. Les domaines du cinéma, de la peinture, de la musique et de la chorégraphie seront particulièrement représentés pendant le colloque.

Un colloque international consacré à la réception de l’œuvre de Jean Giraudoux, et à la dimension intermédiatique de son théâtre, sera organisé en 2016 par Yves Landeroin et Hélène Laplace-Claverie, avec le soutien de la Fondation Giraudoux (Fondation de France). Le colloque sera lié à différents événements artistiques (notamment la mise en scène d’une pièce peu connue de Giraudoux).

Par ailleurs, Hélène Laplace-Claverie représente le CRPHLL au sein du comité de pilotage du Réseau Petipa, association internationale et pluridisciplinaire centrée à l’Université Bordeaux III, qui projette de consacrer des travaux scientifiques au grand chorégraphe Marius Petipa, dont l’œuvre est un exemple particulièrement intéressant de transferts culturels et esthétiques croisés non seulement entre deux traditions chorégraphiques, mais entre France et Russie, dans la deuxième moitié du XIXe siècle.